Joseph Thierry Niamkey1, Anicet Adoubi2, Hermann Yao3, Aimé Kiroua-Kamenan4, Florent Diby2, Inès Angoran1, Ambroise Gnamba2, Eric Katché4, Florent Koffi3, Jean-Baptiste Anzouan-Kacou1

1 : Service des Explorations Externes de l’Institut de Cardiologie d’Abidjan. 2 : Service de Cardiologie du Centre Hospitalier Universitaire de Bouaké. 3 : Service des Soins Intensifs et de Cardiologie Interventionnelle de l’Institut de Cardiologie d’Abidjan. 4 : Service de Chirurgie Cardiovasculaire de l’Institut de Cardiologie d’Abidjan, Côte d’Ivoire. Correspondance : Niamkey Joseph Thierry 18 BP 2164 Abidjan 18. Tél : +225 47 44 04 04. Email : niamkeyjt@yahoo.fr

Résumé

Objectif : Rapporter les facteurs épidémio-cliniques et paracliniques liés à la sévérité du rétrécissement mitral et les difficultés de sa prise en charge médico-chirurgicale à Abidjan, Côte d’Ivoire. Patients et méthodes : Il s’agissait d’une étude prospective, transversale et analytique dans le Service des Explorations Externes de l’Institut de Cardiologie d’Abidjan (ICA) du 30 Juillet au 30 Novembre 2019. Ont été inclus dans cette étude 60 patients présentant un rétrécissement mitral très serré confirmé en échocardiographie transthoracique. Résultats : On notait une nette prédominance féminine à 66,7 % (40/60). L’âge moyen était de 48 ans. Le niveau socio-économique était bas dans 88,3% des cas avec des patients dépourvus d’assurance ou de couverture médicale à 90% (54/60). L’ancienneté de la cardiopathie était supérieure à 5 ans dans 92,2% des cas avec un délai moyen de contact avec l’Institut de Cardiologie d’Abidjan de 6,2 ans (Extrêmes de 1 et 12 ans). Les difficultés financières (89,7%), la peur de l’intervention chirurgicale (38%) étaient les principales causes des retards de la prise en charge chirurgicale. Le rétrécissement mitral était sévère avec une surface anatomique moyenne de 0,87 cm², une hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) moyenne de         55mmHg. Chaque patient avait en moyenne 4 critères prédictifs défavorables dont la dyspnée de repos à 66 % et la fibrillation auriculaire permanente à 53,3 %. Aucune commissurotomie mitrale percutanée (CMP) n’a été réalisée durant la période d’étude contre 7 remplacements valvulaires mitraux sous circulation extracorporelle. Conclusion : Le rétrécissement mitral est sévère et touche une population démunie dans notre contexte. Il existe de nombreux obstacles cliniques et échocardiographiques mais aussi financiers à la prise en charge. La pratique de la commissurotomie mitrale percutanée peut être une alternative au remplacement valvulaire mitral trop onéreux.

Mots-clés : Rétrécissement mitral sévère. Fibrillation auriculaire. Fusion bicommissurale. Commissurotomie mitrale percutanée. Remplacement valvulaire mitral.

Abstract

Objective: To Report on the epidemiological and paraclinical factors related to the severity of mitral stenosis and the difficulties of its medical and surgical management in Abidjan, Côte d’Ivoire. Patients and methods: This was a prospective, transversal and analytical study in the External Explorations Department of the Abidjan Cardiology Institute (ICA) from July 30 to November 30, 2019. Included in this study were 60 patients with very tight mitral narrowing confirmed by transthoracic echocardiography. Results: There was a clear female predominance at 66.7% (40/60). The average age was 48 years. The socio-economic level was low in 88.3% of cases with patients without insurance or medical coverage at 90% (54/60). Heart disease was more than 5 years old in 92.2% of cases, with an average length of contact with the Heart Institute of 6.2 years (extremes of 1 and 12 years). Financial difficulties (89.7%) and fear of surgery (38%) were the main causes of delays in surgical management. Mitral stenosis was severe with an average anatomical surface area of 0.87 cm² and an average pulmonary arterial hypertension (PAH) of 55 mmHg. Each patient had an average of 4 predictive criteria for an adverse outcome including resting dyspnea at 66% and permanent atrial fibrillation at 53.3%. No percutaneous mitral commissurotomy (PMC) was performed during the study period versus 7 extracorporeal mitral valve replacements. Conclusion: Mitral stenosis is severe and affects a poor population in our context. There are many clinical and echocardiographic but also financial obstacles to its management. The practice of percutaneous mitral commissurotomy can be an alternative to the too expensive mitral valve replacement.

Key words: Severe mitral stenosis. Atrial fibrillation. Bicommissural fusing. Percutaneous mitral commissurotomy. Mitral valve replacement.

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